Je viens de quitter une petite table ronde à Bruxelles, où le sujet était de surmonter nos problèmes de MRO.  Étaient présents les chefs qui travaillent dans des secteurs aussi variés que la pharmacie, le manufacturing, la marine, ainsi que l’alimentaire et les boissons.  Avec beaucoup de discussions perspicaces, voici ce que j’ai pu laisser sur la table :

Maintenance Reliability Optimization Team building1. Nous ne comprenons pas suffisamment le travail de l’autre.

Poser à un manager la question de ce qu’est un mode de défaillance ou la gestion du risque dans le processus de fiabilité et vous pourriez obtenir un regard vide. Demander à un responsable de maintenance ce qu’est un inventaire tournant et comment calculer la quantité économique de commande et vous allez rencontrer le frère jumeau du regard vide…

Il y a quelques principes fondamentaux qui animent notre processus de prise de décision à la fois au niveau des magasins/approvisionnements et en maintenance/fiabilité. Nous n’avons pas besoin d’être des experts, mais nous avons besoin de comprendre et d’apprécier les principes fondamentaux qui animent notre sphère dans l’entreprise.

Vous ne me croyez pas ? Demandez au hasard à un technicien de maintenance quelle est la différence entre le numéro d’article, le numéro OEM/fournisseur, et le numéro de catalogue pour une seule pièce…

Demandez au hasard à un magasinier ce que MTBF veut dire ou la différence entre utilisation et disponibilité. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

 2. Tant que nous parlons, et uniquement, nous allons probablement travailler vers des objectifs différents.

Demandez à n’importe quel responsable de maintenance ce qu’il pense être l’objectif du responsable magasin et ils diront : “Ils veulent juste réduire la taille de l’inventaire et réduire nos coûts !”. Ce à quoi je répondrais au responsable de magasin : “Merci – travail bien fait ! ”
A l’inverse, demandez à n’importe quel responsable des magasins quel est l’objectif du responsable de maintenance et il dira probablement : “il veut juste un grand inventaire de sorte que nous avons les pièces de rechange à disposition au moment où nous faisons face à un problème lors d’une casse!” Ce à quoi je répondrais au responsable de maintenance : “Merci – travail bien fait ! ”

Maintenant, comment pouvons-nous travailler ensemble vers un but commun ? Comment pouvons-nous réduire notre inventaire, mais d’une manière correcte ? Faire en sorte que nous nous débarrassons des bonnes pièces (ou mieux encore que nous ne les achetions jamais !) tout en gardant celles qui sont critiques ? Comment construire une compréhension faisant que, même si une pièce à un taux de rotation très faible, il se peut qu’elle soit celle qui sauve notre production dans le cas où une défaillance hautement improbable arrive ?

3 : La plupart de nos problèmes sont profondément enracinés durant la phase de construction et durant les projets de capital de développement.

Durant nos discussions à Bruxelles, nous sommes arrivés à la conclusion que la plupart de nos problèmes dans le domaine de l’inventaire sont créés dès le début et dans une énorme proportion, ce qui rend presque impossible de creuser notre sillon plus tard.

Si vous lisez ce blog, vous y avez déjà été informé sur la construction d’un projet :

  • Tout le monde se concentre sur la fabrication de machines et la fabrication de produits finis. Très peu sont inquiets pour l’avenir à long terme (plans de maintenance proactifs, formation des gens, dessins techniques, gestion des pièces de rechange)
  • L’achat de pièces de rechange est presque comme une réflexion après coup. Les e-mails sont envoyés à nos fournisseurs en leur demandant : “envoyez-moi votre liste de pièces de rechange recommandées tout de suite …. nous serons à court de temps et d’argent rapidement!” Une fois que ceux-ci reprennent leur esprit après avoir dû faire face à la surcharge financière qu’ils doivent surmonter ( !!! ), ils vous envoient une énorme liste qui n’a aucun impact sur votre contexte d’exploitation ou votre tolérance au risque. Après tout, c’est leur liste….
  • Nous ajoutons les totaux au bas de l’ensemble de ces listes et réalisons que nous n’avons jamais prévu un budget pour tout cela ! La panique s’installe et nous enfermons quelqu’un dans une pièce avec un stylo pendant environ une heure et lui disons de réduire les listes ! Il en résulte très peu de science et peu de méthode appliquée – entraîné par la panique et la pression du temps.
  • Lorsque les pièces arrivent, elles semblent toutes avoir des numéros d’identification symétriques ? Elles font toutes 10 caractères de long et commencent par la lettre “D”. Comment est-ce possible ? Il s’agit pourtant d’un palier SKF, d’un accouplement Dodge ? C’est parce que ce sont les références du fournisseur et non pas les numéros de pièces OEM/fabricant. Nous continuerons cependant à acheter nos pièces chez le fournisseur pour les 30 prochaines années avec une marge de 1,5 parce que nous n’avons pas gérés suivant nos contrats.

J’ai eu des frissons en écrivant cela. Pour ceux d’entre vous qui ont été dans ce secteur, cette dernière partie se lit certainement comme une nouvelle de Stephen King. C’est pourtant bien réel ; ce genre de chose arrive tout le temps, et nous créons un problème tel qu’il est presque impossible de s’en sortir.

La solution est de donner autant d’attention à l’avenir comme nous faisons le présent lors de projets industriels. Nous avons besoin de personnes entièrement dédiée à la prise des décisions correctes sur nos pièces de rechange tout au long du projet, et pas seulement quand la panique s’installe

Conclusion

Je suis très chanceux d’avoir ces occasions de passer du temps avec des experts travaillant dans ce domaine par le biais de ce type de collaboration. Partager des idées et savoir qu’aucun d’entre nous n’est seul dans la situation est rassurant. Nous sommes tous confrontés aux mêmes défis et à travers ces occasions de partager nos expériences, nous trouvons parfois des solutions viables. J’espère être de nouveau assis à la table avec vous tous à un moment donné dans le futur !

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Set your Twitter account name in your settings to use the TwitterBar Section.